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Le cas Eduard Einstein : le fils oublié selon Laurent Seksik et Stéphanie Fagadau

Écrit par Serge Bressan Catégorie : Théâtre Mis à jour : jeudi 7 mars 2019 08:19 Affichages : 643

Laurent SeksikPar Serge Bressan - Lagrandeparade.fr / Génie de la science au 20ème siècle, il a publié la théorie de la relativité restreinte (1905) puis celle de la gravitation, appelée aussi théorie de la relativité générale (1915). Il a contribué au développement de la mécanique quantique et de la cosmologie, et acquis la réputation éternelle avec une équation (E=mc²) montrant l’équivalence entre la matière et l’énergie d’un système. Son explication de l’effet photoélectrique lui vaudra, en 1921, le prix Nobel de physique. Voilà, pour la vie publique, ce qu’on connait d’Albert Einstein, né à Ulm (Allemagne) le 14 mars 1879. Côté vie privée, on sait à peine qu’il a eu trois enfants : deux garçons (Hans Albert et Eduard) et une fille (Lieserl). Et qu’il a vécu un drame immense avec Eduard, souffrant de schizophrénie et interné dans un hôpital psychiatrique de Zurich, le Burghölzli pendant trente-trois ans, de 22 à 55 ans… ce qui a inspiré à Laurent Seksik « Le cas Eduard Einstein », d’abord un roman à succès (2013, 120 000 exemplaires vendus en France, traduit en dix-huit langues), puis une adaptation pour le théâtre. 

D’un côté, ce père pris par ses travaux, victime de la montée du nazisme, exilé en Suisse puis en Amérique où il sera soupçonné d’être communiste. Ce père qui, d’une formule, avoue que son fils est le seul problème auquel il ne trouve pas de solution. La solution… Ce père qui dit aussi, réfugié aux Etats-Unis, ce pays qui ne l’accepte pas vraiment : « Et la folie de mon fils me ferait plus peur qu’Hitler, Staline et Hoover réunis ? » De l’autre côté, donc, le fils. Eduard, le deuxième enfant Einstein né en 1910. Interné parce que fou. Dans sa chambre-cellule, il n’aura de visites que celles de sa mère Milena et de l’infirmier. Son quotidien alterne entre crises et confidences. Un jour, avant de partir pour les Etats-Unis et l’exil à Princeton, le père viendra voir le fils. Ils ne se reverront plus jamais. En avril 1955, apprenant la mort de son père, Eduard Einstein dira : « J’ai vécu vingt-trois ans avec un père proche et vingt-deux sans père proche »… et dix ans plus tard, devenu jardinier au Burghölzli tout en y étant toujours interné, il mourra. Il n’aura jamais revu son père…
Avec « Le cas Eduard Einstein », Laurent Seksik montrait, dans son roman, un père glorieux et génie de la science désarmé et impuissant face au drame de son fils. En l’adaptant pour le théâtre, il a parfaitement gardé ce dilemme- mieux, il lui a donné de l’épaisseur. Romancier et dramaturge d’excellente réputation, celui qui fut, un temps, médecin spécialisé en radiologie développe brillamment la thématique du « fils de », du fils oublié, ou comment (sur)vivre au génie d’un parent. En devient-on inévitablement schizophrène ? Et puis, cette pièce est portée par deux points forts. D’abord, la mise en scène aussi intelligente qu’astucieuse de Stéphanie Fagadau, qui, pendant les trois premiers quarts de la pièce, sépare la scène en deux : à gauche, la chambre-cellule du Burghölzli où Eduard passera tant et tant d’années ; à droite, le bureau d’Albert Einstein en Suisse et à Princeton. Ensuite, l’interprétation impeccable et inspirée de Michel Jonasz en père de famille Einstein, l’élégance aussi subtile que discrète de Josiane Stoléru dans les habits de Milena la mère, et la performance étourdissante d’Hugo Becker convaincant en Eduard le fils fou. Et c’est ainsi que « Le cas Eduard Einstein » sait, avec pertinence et efficacité, évoquer une tragédie sans jamais plonger dans le pathos ou le ridicule…

Le cas Eduard Einstein de Laurent Seksik
Mise en scène : Stéphanie Fagadau
Avec Michel Jonasz, Hugo Becker, Josiane Stoléru, Pierre Benezit, Amélie Manet, Jean-Baptiste Marcenac.
Collaboratrice artistique : Juliette Moltes
Décors : Antoine Malaquias assisté de Karim Kari
Musiques : Romain Trouillet
Lumières : Zizou
Costumes : Jean-Daniel Vuillermoz
Coiffures : Catherine Saint-Sever
Durée : 1h35.

Dates et lieux des représentations: 
- Du mardi au samedi, 20h30. Dimanche, 16h. Jusqu’au 28 juillet 2019  à la Comédie des Champs-Elysées ( 15 avenue Montaigne, 75 008 Paris ) Tél. : 01 53 23 99 19- http://www.comediedeschampselysees.com