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Angèle : Giono, Pagnol et quelques fadas...ou quand les Cartoun Sardines bêlent à plaisir

Écrit par Julie Cadilhac Catégorie : Théâtre Mis à jour : lundi 22 octobre 2018 23:16 Affichages : 196

AngèlePar Julie Cadilhac - Lagrandeparade.fr/ Angèle, c’est au départ un film réalisé par Marcel Pagnol, sorti en 1934, d’après le roman "Un de Baumugnes" de Jean Giono. Il narre l’histoire de la fille unique d’un paysan nommé Clarius Barbaroux. Un beau jour, la jeune fille quitte sa famille avec la complicité de la nuit pour suivre un voyou téméraire du nom de Louis. Ce dernier est en fait un proxénète qui force Angèle à se prostituer.

Averti par un voisin, Saturnin, valet au coeur d’or de cette famille brisée, s'en va à Marseille et persuade Angèle, qui a maintenant un enfant, de rentrer à la maison. Persuadé qu'elle sera accueillie à bras ouverts, il découvre avec stupéfaction la réaction d’un père furieux et honteux, qui l'enferme à la cave avec son bébé et n’avoue son retour à personne. Deux ouvriers agricoles, Amédée et Albin - ce dernier étant secrètement amoureux d'Angèle - se doutent de quelque chose. Amédée décide de se faire embaucher à la ferme des Barbaroux pour dénouer le mystère. Si Clarius l’accueille d’abord avec son fusil, il l'embauche pourtant pour la moisson. Un jour d'orage, Amédée aperçoit Angèle et son enfant et file prévenir Albin. Choisissant d’abord de fuir avec Angèle, le prétendant fait finalement chemin arrière et va demander sa main à Clarius. Celui-ci refuse d'abord, mais finit par accepter, touché par les mots d'Albin.

En 1934, Marcel Pagnol réalise l'adaptation du texte de Giono avec Fernandel, Orane Demazis, Henri Poupon, Jean Servais, Édouard Delmont, Blavette et Andrex. La compagnie Cartoun Sardines nous invite à revivre les débuts de ce « Cinéma Parlant » et c’est tout à la fois à une région, une époque, un style et une écriture auxquels on rend hommage. Le public assiste à un tournage avec ses réalités techniques, ses choix artistiques plus ou moins fantasques et les humeurs des comédiens et autres professionnels du septième art et voit naître peu à peu des personnages qui se dessinent et s’affinent, magie du théâtre qui se laisse toujours rattraper par l’illusion.
Angèle s’avère une histoire prenante et touchante qui brosse des portraits passionnants dont Clarius, père perclus de honte dans une époque encore rétrograde ; Saturnin, lumineux de bonté ou encore Albin, jeune paysan ouvert et étonnamment avant-gardiste dans sa vision de l'amour. La pièce est aussi l’occasion réjouissante d’entendre de beaux passages de la prose de Giono.
Au moyen d’une scénographie circulaire constituée de rails permettant les travellings d’une caméra imaginaire, de quelques éléments de décors pertinents et de costumes fort amusants, défilent sous nos yeux des « plans généraux pittoresques…ou pastoraux ! », des « extérieurs nuits », des contre-plongées, des gros plans...à la tasse bleue, des séquences cocasses - notamment dans une chèvrerie, une bande-annonce pétillante, des « petits plans aériens », un générique…bref, les Cartoun Sardines ne plaisantent pas avec la nomenclature cinématographique et vous y apprendrez par exemple le rôle du clap! Dotée d’une distribution de qualité qui sait s’inscrire en même temps dans le registre comique et réaliste, pétrie à l’inventivité et à l’espièglerie, dans cette pièce les rires perlent avec régularité : les décrochages de la fiction amènent nombre de situations tordantes ; les clins d’oeil à la région et ses particularités ( Ah! l’éloquence méditerranéenne légendaire!) et les pitreries à la sauce commedia delll’arte sont pléthore! 
En vrac, on retient une scène romantique en compagnie d’oiseaux nocturnes désopilants, la séquence du rémouleur, les bagarres récurrentes pour jouer Philomène, la "grosse" porte et une remontée «  d’un coup sec au ralenti »! Bref! Angèle des Cartoun Sardines, ça bêle à loisir, c’est délicieusement fada, c’est made in Marseille…et ça ne se loupe pas quoi!

AngèleAngèle
de Marcel Pagnol
D'aprés le roman de Jean Giono "Un de Baumugnes"

Conception / Adaptation / Mise en scène : Patrick Ponce.
Avec : Florine Mullard, Bruno Bonomo, Marc Menahem, Thierry Otin, Fabien Gaertner et Stéphane Gambin.
Scénographie : Stéphane Gambin, Patrick Ponce.
Décor / Régie générale et plateau : Stéphane Gambin 
Assistanat décor : Antoine Cano
Costumes : Christian Burle.
Musique /Création son / Régie son  : Pierre Marcon.
Lumières : Jean-Bastien Nehr.
Régie Lumières : Laurie Fouvet ou Julien Soulatre.
Photos / Vidéo / Conseiller cinématographique : Thibaud Ponce.
Charger de production : Claude Pagès.

Production : Cartoun Sardines Théâtre.
Coproductions : Théâtre et ville d'Aubagne - Durance, Lubéron, Verdon Agglomération - Communauté d’Agglomération Grand Paris sud-Essonne-Sénart - Maison des Arts et des Loisirs Thonon-les-bains

Dates et lieux des représentations:
- Le Jeudi 18 Octobre 2018 à 20h - Théâtre Jacques Cœur de Lattes - 1050, av Léonard de Vinci 34970 Lattes
- Le Mardi 27 Novembre 2018 à 20h30 - théâtre de Corbeil-Essonnes - 22, rue Félicien Rops 91100 Corbeil-Essonnes
- Le Jeudi 29 Novembre 2018 à 20h30 - MAL de Thonon-les-bains  - 4 bis, av d’Evian 74200 Thonon-les-Bains
- Le Samedi 8 Décembre 2018 à 20h30 - Théâtre de Fos s/mer - 220, av René Cassin 13270 Fos-sur-mer
 - Du Mardi 5 au Samedi 9 Février 2019 à 20h sauf mercredi à 19h - Théâtre des Bernardines de Marseille - 17, bd Garibaldi 13001 Marseille
- Le Mardi 14 Mai 2019 à 20h30 - Théâtre de la Chaudronnerie de La Ciotat - 19, promenade Jeff Musso 13600 La Ciotat

 

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cartounL'Atrabilaire Amoureux à la sauce Cartoun Sardines

Par Julie Cadilhac/ Ils sont trois sur le plateau et pourtant ils donnent au Misanthrope de Molière toute sa puissance dramatique. Une mise en scène résolument moderne où trois "compères" à la complicité communicative ne cessent de faire des entorses à l'illusion théâtrale en rappelant , par clins d'oeil, aux spectateurs qu'eux comédiens doivent faire avec les moyens du bord, ont parfois des problèmes de voix, d'ego etc… De l'humour à revendre et trois performances d'acteur à applaudir. Bruno Bonomo, Patrick Ponce et Dominique Sicilia réussissent assurément le challenge de rendre tout possible à seulement trois sur les planches: on assiste en effet à la confrontation entre l'infidèle Célimène et la prude Arsinoé ; Dominique Sicilia est saisissante dans ce face à face public où elle ne cesse de faire alterner les visages de ces deux femmes qui excellent dans l'art de feindre et de se torturer. On jubile lors de la révélation publique des lettres mensongères de Célimène devant Alceste et son ami Philinte, Oronte, les deux marquis Acaste et Clitandre et le valet Basque; ces cinq derniers rôles étant tous endossés par Bruno Bonomo, véritable Arlequin farceur de cette comédie atrabilaire. La scénographie est plaisante: le salon de Célimène flotte dans l'air, à l'image de cette jeune femme légère qui ne sait se résoudre à se stabiliser vraiment. Doit-on lui en vouloir? Est-elle vraiment coupable de ne pas vouloir se résigner à vivre en ermite avec le misanthrope Alceste? Y-a-t-il des responsables dans cet enchaînement de déceptions sentimentales? Patrick Ponce et Dominique Sicilia plaisantent ,en singeant les défilés de mode, sur cette notion d'apparence qui pousse à l'hypocrisie et au mensonge. Alceste est franc; c'est là son moindre défaut dans un milieu mondain où les compliments dépensés ne fleurissent que dans l'espoir de leur réciproque. Alceste, c'est la voix de Molière qui critique la société du paraître et du divertissement. S'il est vrai que "c'est n'estimer rien, qu'estimer tout le monde", notre estime sur cette pièce, ma foi, est tout à fait fondée!  La compagnie Cartoun Sardines ne nous paie pas en monnaie de singe et nous fait passer une excellente soirée en compagnie de ce cher Jean-Baptiste Poquelin!
 
Le Misanthrope de Molière
Adaptation et mise en scène: Patrick Ponce et Dominique Sicilia
Avec Patrick Ponce, Dominique Sicilia et Bruno Bonomo
Compagnie: Cartoun Sardines