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La guerre des salamandres : la fabrique d’apocalypse

Écrit par Christian Kazandjian Catégorie : Théâtre Mis à jour : samedi 20 octobre 2018 20:50 Affichages : 810

la guerre des salamandresPar Christian Kazandjian - Lagrandeparade.fr/ La guerre des salamandres, une parabole questionnant l’avenir de la planète livrée aux calculs égoïstes du marché.

Conter, en quelques phrases, l’histoire de La guerre des salamandres, pièce montée par les Tréteaux de France, relève de la gageure, tant le propos, les situations foisonnent. Nous ne relèverons pas le défi. Quoique ! La rencontre improbable d’un vieux loup de mer et d’un industriel cupide soulève un maelström dont l’humanité sortira en lambeaux, au bord de l’extinction. Le marin a découvert une population (un peuple) d’étranges êtres, des salamandres en pleine mutation génétique, pêcheuses de perles. L’avidité, la cupidité des actionnaires va bientôt réduire cette main d’œuvre à la condition d’esclave, lui assurant, dans un souci d’efficacité plus que de compassion, éducation, moyens nécessaires à sa reproduction. L’entreprise prospère, s’adapte, s’étend ; les consortiums enflent, fusionnent, s’opposent dans une guerre commerciale sans merci, à laquelle les nations, absorbées en un conglomérat inopérant de gouvernements, assistent impuissantes. L’argent a triomphé, la morale est bafouée, la planète n’est plus qu’un vaste marché où l’accumulation est la règle. Et de bétonnage et d'exploitation forcenée de la mer, les surfaces habitables se réduisent à quelques bandes de terre, propriété des sociétés anonymes, quand les sociétés humaines sombrent dans les flots. A la catastrophe écologique et humaine annoncée, seul résiste le peuple des esclaves, les salamandres, animaux mi-terrestres, mi-aquatiques qui résisteraient aux flammes selon les légendes.
Si La guerre des salamandres ne ressortit pas de la légende, on doit la considérer comme une manière de moralité, de fable. Avec ce que cela comporte de dimension visionnaire. Car le monumental roman de Karel Capek, superbement adapté pour la scène par Evelyne Loew, qu’on pourrait croire écrit hier, après la catastrophe ayant endeuillé l’Aude, date de 1936. Capek, auteur de La fabrique d’absolu, de Récits apocryphes, de R.U.R, où pour la première fois apparaît le mot : robot, est considéré comme un maître de la littérature d’anticipation. La pièce revêt de ce fait un caractère de brûlante actualité. Il n’est pas étonnant que Robin Renucci ait choisi de le donner à voir, y invitant le public à partir de 10 ans. Le metteur en scène a évité le piège du « message » en convoquant tous les ingrédients du spectacle populaire : jeu inspiré de la commedia dell’arte, quiproquos, acteurs endossant plusieurs rôles, chansons, ambiance cabaret. Du pur théâtre où les changements de décor, les bruitages se font à vue. Le décor participe de la joyeuse sarabande : les protagonistes mettent en branle les différents éléments qui se transforment d’une salle de réunion en une plage de l’Océan indien, d’un intérieur bourgeois au palais glacé des congrès où se décide le sort de la planète. Un cercle, actionné par une machinerie, chapeaute la scène comme un ciel menaçant ; relevé il sert d’écran à des projections : spectacle total. On ne saurait tenir le compte des personnages, tant les changements de situations s’enchaînent, à un rythme effréné. On ne peut qu’être bluffé, admiratif devant la performance des sept comédiens : sept, pas un de plus. Magie du théâtre qui nous restitue notre regard d’enfant, titille notre curiosité, ranime nos réflexes de citoyen, d’acteur politique.

La guerre des salamandres 
Texte : Karel Capek
Adaptation : Evelyne Loew
Mise en scène : Robin Renucci
avec Judith d’Aleazzo, Solenn Goix*, Julien Leonelli*, Sylvain Méallet*, Gilbert Epron et Henri Payet (en alternance), Julien Renon, Chani Sabaty*
* comédiens permanents des Tréteaux de France

Scénographie: Samuel Poncet
Objets / Accessoires animés : Gilbert Epron
Lumières : Julie-Lola Lanteri-Cravet
Images : Philippe Montémont et Samuel Poncet
Costumes et perruques : Jean-Bernard Scotto assisté de Cécilia Delestre et Judith Scotto
Bruitage : Judith Guittier
Caoch vocal et linguistique : Irène Kudela
Assistante à la mise en scène : Karine Assathiany

Direction technique : Eric Proust et Emile Martin
Régie générale et régie lumière : Thierry Alexandre en alternance Floriane Malinski
Régie son et vidéo : Philippe Montémont en alternance Manu Favre
Régie Plateau : Brahim Achhal et Larbi Guemar
Régie costumes : Barbara Hooijmeijer
Atelier costumes et perruques : Esther Pillot, Julien Sivereano, Juliette Hui et Maurine Baldassari

Production : Tréteaux de France, Centre dramatique national

Crédit-photo : Raynaud de Lage

Dates et lieux des représentations: 
- Du sam. 20/10/18 au dim. 28/10/18 à la Maison des Métallos - Paris - Tel. 01 47 00 25 20
- Le 13/01/2018 - La Tuilerie - Théâtre de Bédarieux
- Le 17/01/2019 à la Scène des Trois Ponts de Castelnaudary - Tel. +33 (0)4 68 94 60 85
- Le 19/01/2019 - Espace Culturel des Corbières - Ferrals-les-Corbières
- Le 29/01/2019 - Ville de Poitiers - Tel. +33 (0)5 49 52 35 35
- Le 01/02/2019 - L’ARC - Le Creusot - Tel. +33 (0)3 85 55 13 11
- Le 08/02/2018 à la Salle des fêtes de Gisors
- Le 19/02/2019 au Théâtre des Sources - Fontenay-aux-Roses - Tel. +33 (0)1 41 13 40 80
- Le 21/03/2019 - Théâtre Gérard Philipe d'Orléans - Tel. +33 (0)2 38 68 44 61
- Le 29/03/2019 - Ville de Boulogne-sur-Me- Tel. +33 (0)3 21 87 80 80