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Un rapport sur la banalité de l’amour : amours, philosophie et Histoire entre Martin Heidegger et Hannah Arendt

Écrit par Xavier Paquet Catégorie : Théâtre Mis à jour : mardi 21 août 2018 09:01 Affichages : 371

banalitéPar Xavier Paquet - Lagrandeparade.fr/ Allemagne, 1925, bureau de professeur Martin Heidegger, philosophe reconnu pour sa pensée. Débarque Hannah Arendt, son étudiante, mature dans ses réflexions et insouciante dans son rapport avec cet homme brillant qui la subjugue.

Malgré la différence de statut, malgré la différence d’âge, malgré des confessions religieuses opposées, une passion naît entre ces deux futurs amants.

Le nazisme progresse lentement : Hannah qui est juive, est horrifiée par la montée du populisme ; Martin y voit un signe d’un futur renouveau pour le pays. Quand l’histoire rencontre l’Histoire, nous suivons l’évolution de leur relation passionnelle et tumultueuse en cinq tableaux sur cinq périodes de temps entre 1925 et 1950.
La puissance de leur amour est aussi forte que le débat d’idées et l’opposition de leur réflexion et de leur vision du monde. Au fur et à mesure du temps, la passion se consume laissant place au questionnement, à la recherche de la compréhension, et l’obtention du pardon.
Devenu recteur, Martin s’est compromis avec le nazisme triomphant : Hannah s’en indigne et ne comprend pas ce choix de son maître penseur. Et d’une personne qu’elle n’a jamais cessé d’aimer.

Le décor minimaliste fait se succéder différents lieux (bureau du professeur, chambre à coucher des amants, parc public, chambre d’hôtel) matérialisant simplement la temporalité de leurs rencontres. Le duo d’acteurs incarne avec subtilité et intelligence les rapports passionnés, violents et ambivalents des personnages : ils nous bouleversent dans leurs déchirements. On peut regretter quelques longueurs de texte, malgré son immense finesse et sa subtilité touchante, et un jeu parfois classique qui atténue l’émotion et la sincérité de leurs colères intérieures comme partagées.

« Ce qui sépare les amants du monde qui les entoure, c'est le fait qu'ils soient dépourvus de monde » écrivait Hannah Arendt. Ce monde n’est pas que fiction puisque la relation amoureuse a existé et l’auteur a retranscrit la beauté de leurs correspondances pour y retrouver la sensualité d’un amour transgressif. La banalité de leur rapport amoureux ne serait rien si la lutte intestine n’était pas si féroce entre sentiments et convictions.

Au-delà de la question morale sur la détresse d’un combat pour des idées ou pour des sentiments, la pièce nous interroge philosophiquement sur la capacité de deux êtres à se rencontrer, s’aimer et se pardonner au-delà de leurs différences et oppositions. Et cela n’a rien de banal.

Un rapport sur la banalité de l’amour
Auteur : Mario Diament
Metteur en scène : André Nerman
Interprète(s) : Emmanuelle Wion, André Nerman
Lumières : Laurent Béal
Scénographie : Stéphanie Laurent
Relations Publiques : Alice Delarue

Dates et lieux des représentations:
Du 6 au 29 juillet 2018 au Théâtre La Luna ( 1 rue Séverine, 84000 - Avignon ) - Festival Avignon Off 2018