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Cyrano, du rire aux larmes

Écrit par Marie du Boucher Catégorie : Théâtre Mis à jour : lundi 12 octobre 2015 15:44 Affichages : 2090

Cyrano Par Marie du Boucher - Lagrandeparade.fr/ On ne présente plus la pièce d’Edmond de Rostand : Cyrano, laid avec son grand nez, aime sa cousine. Roxane, elle, tombe en pamoison pour le beau baron Christian de Neuvillette. Celui-ci a fière allure mais ne sait pas composer de vers. C’est Cyrano qui va aider Christian à séduire Roxane en lui soufflant ses mots.

Au début, c’est une farce. La direction d’acteurs paraît un peu outrancière : Roxane, mi-pimbêche, mi-cruche, confie à Cyrano son amour pour Christian. On n’est pas convaincu, d’autant que Stéphane Dauch (Cyrano) force la voix – on se demande s’il va tenir tout du long, et si cette énergie ne va pas s’essouffler.

Que nenni ! La mise en scène de Jean-Philippe Daguerre emporte, et on est suspendu, plus de deux heures durant. On oublie la voix forcée de Cyrano, et, à partir de la scène du balcon, le ton devient plus sérieux. Finalement, le côté bouffon n’aura été qu’une manière de se moquer de soi-même avant de dire de la poésie, une façon de désamorcer notre cynisme pour nous laisser goûter au lyrisme de ce chef d’œuvre romantique.

A partir de l’acte IV, l’émotion s’installe. Et, à la scène finale, ce sont – fait rarissime au théâtre – des larmes qui perlent sur les joues. D’abord solitaires, puis de gros bouillons dans la dernière tirade de Cyrano, pour celui qui a tu pendant tant d’années, un amour demeuré secret. C’est une pièce sur l’honneur, la dignité face à la mort, et surtout, le panache. Edmond de Rostand disait lors de son discours d’entrée à l’Académie française : « Le panache, n'est pas la grandeur mais quelque chose qui s'ajoute à la grandeur, et qui bouge au-dessus d'elle. C'est quelque chose de voltigeant, d'excessif - et d'un peu frisé [...], le panache c'est l'esprit de bravoure. [...] Plaisanter en face du danger c'est la suprême politesse, un délicat refus de se prendre au tragique ; le panache est alors la pudeur de l'héroïsme, comme un sourire par lequel on s'excuse d'être sublime » Cette qualité éminemment française est représentée ici à merveille. L’écrivain accouche de cette œuvre à vingt-neuf ans, entre plusieurs crises de dépression. Il ne parviendra jamais à égaler ce premier succès. 

Tout, dans la mise en scène, est calculé avec beaucoup de justesse : l’occupation du plateau (ils sont onze sur scène), les costumes (superbes). Le coup de maître consiste à accompagner Cyrano d’un violoniste qui égraine des airs lors des monologues et des transitions. La musique composée par Petr Ruzicka (à partir de partitions d’époques) vient s’inscrire délicatement en contrepoint des dialogues, et touche au sublime. Quelle émotion pour ce gascon !

Cyrano de Bergerac d'Edmond Rostand
Mise en scène : Jean-Philippe Daguerre

Avec : Stéphane Dauch, Charlotte Matzneff, Simon Coutret ou Alex Disdier, Edouard Rouland, Yves Roux ou Grégoire Bourbier, Didier Lafaye ou Antoine Guiraud, Geoffrey Callènes, Emilien Fabrizio, Nicolas Le Guyader, Mona Thanaël ou Barbara Lamballais, Petr Ruzicka ou Survier Flores ou Aramis Monroy.
Musique Originale : Petr Ruzicka
Costumes : Corinne Rossi
Décor et Accessoires : Vanessa Rey-Coyrehourcq

Au Théâtre Le Ranelagh ( 5 rue des vignes - 75016 Paris)
A partir du 10 septembre 2015
Du mercredi au samedi à 20h45
Samedi à 16h30 et dimanche à 17h
Supplémentaire le 11 novembre à 16h
Supplémentaires à 16h30 les 5, 12, 19, 21, 22, 23, 26, 28, 29, 30 décembre et 2 janvier
Relâches les 1er octobre, 1er novembre et 11 novembre à 20h45
Durée : 2h