Mademoiselle/ Rose Betty Klub : une évocation espiègle des années 50

Écrit par Dominique Flacard Catégorie : Lyrique Mis à jour : vendredi 10 mai 2019 22:04 Affichages : 779

rose betty clubPar Dominique Flacard - Lagrandeparade.com/ Ce quintet jazz swing montpelliérain nous propose un troisième album «  Mademoiselle », dans lequel la truculence le dispute à l'espièglerie. La chanteuse Rose Betty accompagnée au piano par Thelma Brooks, à la guitare par Johnny Mustang à l'origine de nombreuses créations, et par la section rythmique de Clyde Mojo Jones à la contrebasse et Scott « Hi Hat » Jenkins à la batterie, joue avec sa voix afin de faire swinguer les chansons dont les textes sont en français. Elle gomme l'articulation, étire certaines voyelles ou consonnes chantantes, nasalise à l'extrême, évoquant ainsi la musique de la langue américaine ; certaines inflexions vont jusqu'à rappeler Billie Holiday.

La fantaisie émerge de chaque chant qui se présente comme une saynète d'un long métrage retraçant les années 50 aux États Unis avec des personnages hauts en couleur. Les changements de rythmes, de tempo, d'orchestration, favorisent cette immersion dans une Amérique stéréotypée : celle des comédies musicales de Broadway ou de films cultes tels qu'"American Graffiti". Il faut dire que que la chanteuse du groupe admire profondément des artistes tels que Ginger Rogers, Fred Astaire depuis sa plus tendre enfance, qu'elle a créé un spectacle musical "Billie" retraçant une biographie très libre de la chanteuse Billie Holiday. Son imaginaire s'est donc nourri aux différentes sources que sont le Blues, le Rockabilly, le Swing, la mélodie de Broadway.

Cet album, paru le douze avril deux mille dix neuf, dévoile donc, des portraits de pin up «  Mademoiselle », «  La Fille Qui Mâche », qui sont interprétés avec gouaille et panache. Des références évidentes, tel le premier titre « Voyage En Cadillac » qui rappelle des scènes de film d'une Amérique dorée. La composition est servie par une rythmique solide, les improvisations valorisent le texte : « La Cadillac qui roule pour toujours »: nous l'entendons effectivement rouler à travers l'improvisation du piano puis celle de la guitare soutenue par la contrebasse. Puis, des rythmes chaloupés campent une femme « Ilda », nonchalante, dans le second titre. L'improvisation à la batterie qui se clôt sur un étirement temporel, offre une dimension tragique de cette personne « autrefois mutine aujourd'hui fatiguée ». Les portraits sont drôles, à la limite de la caricature. L'incarnation du looser dans le titre « Clyde » provient d'une observation fine, à la loupe de comportements caractéristiques d'une époque révolue sans l'once de nostalgie. C'est précisément ce qui fait la force de ces chansons percutantes remarquablement servies par des instrumentistes solides, à l'écoute des textes.

Des improvisations inspirées, une rythmique solide, des textes pétillants d'humour, décidément, « Mademoiselle » est une belle réussite !

Rose Betty Klub

Bett Betty [chant, compositions] - Johnny Mustang [guitare, compositions]

Thelma Brooks [piano, claviers] - Clyde Mojo Jones [contrebasse] - Scott Jenkins [batterie]

ALBUM "MADEMOISELLE"


- VENDREDI 19 AVRIL 2019 en numérique


- VENDREDI 7 JUIN 2019 dans les bacs