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Rudolf Noureev : à jamais, l’icône de la danse

Écrit par Serge Bressan Catégorie : Danse Mis à jour : lundi 24 juin 2019 10:36 Affichages : 803

NoureevPar Serge Bressan -Lagrandeparade.fr / Médecin et écrivain français, Michel Canesi qui a soigné Rudolf Noureev durant les dix dernières années raconte : « A Florence, dans les coulisses, alors qu’il s’apprêtait à entrer en scène, je lui demandai : -Rudolf, que ressentez-vous à cet instant précis ? -Maintenant, je vais parler avec les dieux »… Philippe Grimbert, lui, est psychanalyste et romancier- en 2015, il a publié le formidable « Rudik l’autre Noureev » (Editions Plon) ; il évoque « le danseur du siècle. Une rock star absolue, la première. Quand Rudolf est devenu Noureev, avant même la naissance des Beatles, des hordes de fans fébriles l’attendaient à l’entrée des artistes. Il avait une vocation narcissique absolue : il était un Narcisse dans l’image duquel le public aimait se noyer ». Quant à l’acteur britannique Ralph Fiennes, il s’est mis dans les pas du danseur et lui consacre, en tant que réalisateur, son troisième film tout simplement titré « Noureev » : « Il fut un homme seul. Et sans compromis ». La parution de « Noureev, une vie » de la journaliste britannique et ancienne danseuse Julie Kavanagh vient aussi alimenter la « rudymania », cette ferveur autour d’icône de la danse que fut et demeure Rudolf Noureev.

Tout et tant a été dit, raconté et écrit sur Rudik, ainsi que l’avait surnommé son père. Le petit Tatare musulman né dans le Transsibérien. Le petit écolier pauvre, risée de ses camarades parce que vêtu d’un manteau de sa sœur… L’enfant qui découvre la danse, qui très vite dit : « La musique, c’est la danse ». Souvent, image facile, on dit et écrit : la vie est un roman. Celle de Rudolf Noureev fut encore plus que tous les romans écrits et à écrire… Le fabuleux destin du « seigneur de la danse ». D’un adolescent qui refuse le Bolchoï de Moscou et opte pour le Kirov de Léningrad. D’un jeune homme qui, un jour de 1961, « passe à l’Ouest » et demande le droit d’asile dans l’aéroport du Bourget, près de Paris. D’une étoile qui illuminera l’art de la danse avec une collaboration et des pas de deux de toute merveille avec Margot Fonteyn. D’une star qui travaillera avec les plus prestigieux chorégraphes, tels George Balanchine, Martha Graham ou encore Jeremy Robbins- lequel, un jour, confiera : « Rudi est un artiste, un animal et un salaud ». Serait-ce la définition du « monstre sacré » ?
Parce que, oui, cette « rudymania » toujours aussi vive, toujours aussi effervescente ne doit pas occulter la face sombre de l’icône que fut Rudolf Noureev. Dans « Rudik, l’autre Noureev », le narrateur- le psychanalyste Tristan Feller (le double fictionnel de Philippe Grimbert ?), rapporte une anecdote : « Reconnaissable entre mille, il avance à pas lents sur l’esplanade du Lincoln Center. Emmitouflé comme au cœur de l’hiver, long manteau et châle aux motifs barbares, il flâne, indifférent au regard des passants qui se retournent sur lui. (…) Une femme vient à sa rencontre, une rose à la main. Arrivée à sa hauteur, elle le lui tend avec un large sourire. Il s’en saisit : il accepte le don de son admiratrice, y condescend plutôt, sans lui rendre son sourire ni même ralentir son pas. Peut-être a-t-il murmuré un merci accompagné tout au plus d’un bref coup d’œil, et la femme le regarde s’éloigner vers l’entrée des artistes… » Peut-être ne savait-elle pas que Rudolf Noureev n’acceptait seulement de parler qu’avec les dieux…
Détruit par le sida, violent dans ses comportements, il se définissait comme un « envahisseur barbare ». Âme de vagabond, enfant sauvage, n’envisageant pas autre chose que danser avec le diable, toute sa vie Rudolf Noureev se posera la question : « Quel est ce pouvoir qui me retient et me condamne à vivre ? » Nul ne sait si, au soir de sa vie, il avait enfin trouvé la réponse…

NoureevNoureev, une vie
Auteur : Julie Kavanagh
Editions : L’Archipel
Parution : 5 juin 2019
Prix : 28 €

Noureev
Date de sortie : 19 juin 2019
Durée : 2h07
Réalisateur : Ralph Fiennes
Scénario : David Hare
Avec Oleg Ivenko, Adèle Exarchopoulos, Chulpan Khamatova, Raphaël Personnaz, Ralph Fiennes, Aleksey Morozov,… 2h07.

Concours Rudolf Noureev
Première édition du 7 août au 11 août 2019 au théâtre Amintore Galli de Rimini (Italie). Concours ouvert aux jeunes danseurs de toute nationalité, il a pour ambition de perpétuer l’héritage chorégraphique du plus célèbre danseur du 20ème siècle.

Les dates d’une vie

17 mars 1938 Naissance de Rudolf, quatrième enfant et seul fils de Hamet et Farida Noureev, à bord du Transsibérien, dans la région du lac Baïkal. Il passe son enfance et sa jeunesse à Oufa, capitale de la République soviétique de Bachkirie. Ses parents sont des tatares musulmans. Enfance passé à Oufa (Bachkirie). Contre l’avis de son père, il pratique la danse folklorique et prend des cours de danse classique au théâtre d’Oufa.
24 août 1955 Rudolf Noureev passe l’examen d’entrée à la prestigieuse École de danse Vaganova de Leningrad. Il y trouvera son professeur d’élection, Alexandre Pouchkine.
1958 Pour le spectacle de fin d’études de l’École, Rudolf Noureev danse le pas de deux du « Corsaire », avec Alla Sizova. Il entre directement comme soliste dans la compagnie de Ballet du Théâtre du Kirov (ex-Théâtre Mariinsky) de Leningrad, première compagnie de danse de l’URSS.
28 octobre 1958 Débuts au Kirov, dans le pas de trois du « Lac des cygnes ». Au fil de ses apparitions sur scène, Rudolf Noureev devient une des idoles du public.
19 mai 1961 Tournée du Ballet du Kirov à Paris. Le succès de Rudolf Noureev est foudroyant dès sa première apparition sur la scène du Palais Garnier dans l’acte des Ombres de « La Bayadère ».
16 juin 1961 Rudolf Noureev “choisit la liberté” et demande le droit d’asile à l’aéroport du Bourget, alors qu’il doit embarquer à bord d’un avion qui le ramènera en URSS. Il est engagé dans les Ballets du Marquis de Cuevas dès le lendemain. Rencontre décisive avec Erik Bruhn, danseur Étoile du Ballet Royal du Danemark.
1962 Départ pour Copenhague où Noureev étudie le style Bournonville auprès d’Erik Bruhn.
21 février 1962 Première représentation de « Giselle » avec Margot Fonteyn et le Royal Ballet à Covent Garden. Rudolf Noureev devient artiste invité de cette compagnie et le reste jusqu’en 1977. C’est le début de la “rudimania”.
12 mars 1963 Création de « Marguerite et Armand », chorégraphie de Frederick Ashton pour Margot Fonteyn et Rudolf Noureev ; ce sera leur ballet fétiche.
27 novembre 1963 Rudolf Noureev remonte pour la première fois une chorégraphie de Marius Petipa, l’acte des « Ombres » de « La Bayadère », pour le Royal Ballet. Sa carrière est rapidement internationale. Il danse en Étoile invitée avec toutes les grandes compagnies de ballet en Europe, aux États-Unis, fantastique interprète aussi bien des princes du répertoire que des créations de Frederick Ashton, Rudi Van Dantzig, Roland Petit, Maurice Béjart, George Balanchine, Glen Tetley, Martha Graham ou Murray Louis. Il remonte également les grands ballets du répertoire chorégraphiés à la fin du 19ème siècle en Russie par Marius Petipa : « La Belle au bois dormant », « Casse-Noisette », « Don Quichotte », « Le Lac des cygnes », « Raymonda ». Il crée « Tancrède », « Manfred ».
1983 Entrée en fonction de Rudolf Noureev comme directeur de la danse de l’Opéra de Paris, poste qu’il occupera jusqu’en 1989. Il y revivifie la compagnie, invite de nombreux chorégraphes contemporains et des professeurs, crée « Cendrillon », « Washington Square »…
1989 Ayant obtenu les autorisations des autorités soviétiques, Rudolf Noureev danse « La Sylphide » au Théâtre du Kirov à Leningrad, où il n’était pas retourné depuis 1961. Il peut revoir sa mère et les membres de sa famille.
1990 Il participe à la comédie musicale « The King and I » aux États-Unis. Il danse encore une fois en 1990 « Le Chant du Compagnon errant » au Palais Garnier et se consacre à la direction d’orchestre.
8 octobre 1992 Première représentation au Palais Garnier de « La Bayadère », remontée par Noureev d’après Marius Petipa.
6 janvier 1993 Décès de Rudolf Noureev, à l’âge de 54 ans, à l’hôpital du Perpétuel Secours à Levallois-Perret. Suivant sa volonté, il est enterré au cimetière russe de Sainte-Geneviève-des-Bois en région parisienne.
(Biographie établie par The Rudolf Nureyev Foundation. Rütistrasse 52. CH - 8044 Zurich – Gockhausen. Suisse)