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Giselle : la version féministe, époustouflante de force et grâce, de Dada Masilo

Écrit par Julie Cadilhac Catégorie : Danse Mis à jour : mercredi 10 avril 2019 17:18 Affichages : 680

GisellePar Julie Cadilhac - Lagrandeparade.com/ Dada Masilo est née à Johannesburg en Afrique du Sud. Danseuse et chorégraphe, sa marque de fabrique, ce sont les singulières réinterprétations qu’elle fait du répertoire classique (Roméo et Juliette, Carmen, Le Lac des cygnes….) dont elle s’approprie les codes mais qu’elle revisite en mêlant à la danse sur pointe, la danse contemporaine et de puissantes influences africaines…Ajoutez-y une note d’humour et un féminisme prononcé et vous aurez déjà une petite idée du travail passionnant de cette femme d’exception!

Il faut reconnaître qu’à part quelques puristes des ballets traditionnels… "Giselle, ou les Wilis", ballet romantique en deux actes composé par Adolphe Adam sur un livret de Jules-Henri Vernoy de Saint-Georges et Théophile Gautier et créé en 1841, est devenue terriblement cucul-la-praline et d'ailleurs souvent chorégraphiée dans les règles du classique le plus strict…soit soporifique à souhait! Rassurez-vous, la Giselle de Dada Masilo met un coup de fouet à la tradition pour notre plus grand bonheur! 
Si la Giselle de Dada Masilo meurt aussi parce qu’elle a été trahie par un homme et qu'elle se venge une fois morte, sa réponse à son inconsolable chagrin sera toute féministe. Et d'ailleurs elle danse même, lors de certaines minutes émouvantes, les seins nus...

Un plateau nu, avec pour seul accessoire la lumière parfaitement sculptée de Suzette le Sueur…Huit danseurs talentueux vêtus de fascinants costumes qui ajoutent encore à l’expressivité des mouvements de par le choix des matières, des couleurs et de la fluidité des tissus et des perruques.

Dès les premières notes de Philip Miller qui a composé des partitions musicales aussi sensibles que modernes, l’on est saisi par la vivacité du geste, l’authenticité de l’atmosphère, la tenue des corps et leur « pétillance »…Tournoyant, espiègle, le corps de ballet - composé de Bokolo Sinazo, Constable Sonia Zandile, Gongo Liyabuya, Dutyulwa Lwando, Mnguni Tebogo Llewellyn, Zasekhaya Tshepo Itumeleng, Willie Xola Wiseman - s’empare avec brio des diverses influences de danses dont sont imprégnées les chorégraphies et offre en minutes chorales des tableaux mémorables.
Dada Masilo, superbement expressive, saisit le regard dès son entrée sur le plateau. Ensorcelante, sa maîtrise virtuose du geste, son charisme, étonnant et paradoxal mélange de fragilité et de puissance, subjuguent le spectateur. Interprète ô combien émouvante parce qu’elle incarne, avec sa petite taille et sa silhouette androgyne, une forme de neutralité du genre, malgré sa poitrine et ses traits fins...et elle devient ainsi une Allégorie de l’Amour blessé d'une force percutante. 

On se souviendra longtemps des parades amoureuses, où la passion exaltée explose en portés, tournoyantes caresses et sourires en pas de deux…d'une danse avec une fleur à la main, de Giselle virevoltant dans les bras de son aimé…et quand le silence se fait, le corps devenant le seul instrument à laisser résonner ses émotions. On se rappellera aussi de la mort tragique de Giselle et des corps tendus par le deuil qui assistent aux funérailles. De cette sorcière vengeresse fascinante à la crinière de tresses blondes et des wilis ( « spectres de jeunes fiancées défuntes, mi-nymphes, mi-vampires, qui poursuivent leurs fiancés pour les précipiter dans la mort »), rouges incandescentes, qui font entendre la voix des femmes au travers des mouvements et des airs de l’Afrique…et enfin de Giselle-ange qui pardonne d’un battement d’aile et s’envole…

Avec cette Giselle résolument moderniste, où tous les interprètes masculins incarnent aussi des rôles de femmes, Dada Masilo redonne du rythme au mythe poussiéreux et lui restitue sa fraîcheur d’antan en en faisant une héroïne de notre temps. Un enchantement chorégraphique où l’on applaudit tout autant la virtuosité des ensembles et la tension dramatique qu’impose cette forme de danse très théâtrale. Une danse incarnée, bouleversante de sincérité et de force, pour pousser un cri de colère contre un système patriarcal qui perdure…

Giselle
Chorégraphie : Dada Masilo
Musique : Philip Miller
Dessins : William Kentridge
Costumes : Donker Nag Helder Dag, Those Two Lifestyle
Lumière : Suzette le Sueur
Avec : Dada Masilo, Bokolo Sinazo, Constable Sonia Zandile, Gongo Liyabuya, Dutyulwa Lwando, Mnguni Tebogo Llewellyn, Zasekhaya Tshepo Itumeleng, Willie Xola Wiseman
Durée : 1h15

Dates et lieux des représentations:
- Les 2 et 3 avril 2019 au Théâtre Molière - Scène nationale de Sète et du bassin de Thau ( 34)
- Le 06/04/2019 à Juvisy-sur-Orge - Les Bords de Scènes, théâtres et cinémas
- Le 09/04/2019 au Belgrade Dance Festival

giselle