Tout le bleu du ciel : un roman pur et profond de Mélissa Da Costa

Écrit par Serge Bressan Catégorie : Romans français Mis à jour : samedi 16 mars 2019 21:45 Affichages : 796

cielPar Serge Bressan - Lagrandeparade.fr / Emile a 26 ans. Il lui reste deux ans à vivre, lui ont annoncé les médecins. Il souffre d’une maladie orpheline avec une forme d’Alzheimer précoce. Il ne veut plus des traitements médicaux, des séjours à l’hôpital- et n’en dit mot à ses parents et sa sœur. Mieux : il décide de vivre intensément ce temps qui lui est compté. S’offrir une (ultime) parenthèse de bonheur. Ce qu’il tente en passant une petite annonce un 29 juin à 1h02 : « Jeune homme de 26 ans, condamné par un Alzheimer précoce, souhaite prendre le large pour un ultime voyage. Recherche compagnon(ne) d’aventure pour partager avec moi ce dernier périple. Itinéraire à valider ensemble. Alpes, Hautes-Alpes, Pyrénées ? Voyage en camping-car… » Voilà, décor planté d’entrée dans « Tout le bleu du ciel », premier roman pur et profond de Mélissa Da Costa- 28 ans, inconnue du monde des livres, elle a étudié l'économie et la gestion, est chargée de communication dans le domaine de l'énergie et du climat et suit des formations en aromathérapie, naturopathie et sophrologie. De ce premier roman, elle confie : « L'idée m'est venue alors que j'avais 17 ans : la maladie affectant la mémoire de quelqu'un de jeune, le voyage à deux sous forme de fuite pour échapper à la mort et à l'hôpital. Sur ce thème, j'avais écrit une cinquantaine de pages... J'ai repris ce texte l'an dernier et en six mois, j'ai terminé l'histoire ».

Bien sûr, Emile aurait pu demander à Renaud, son ami d’enfance, son meilleur ami, de l’accompagner dans ce voyage. Mais Renaud est marié à Laëtitia, ils ont un petit garçon, Tivan- donc, Emile a passé l’annonce. Et Joanne a répondu… Trois jours plus tard, c’est le grand départ à bord de ce camping-car acheté dans le plus secret. De Joanne, on sait qu’elle porte un sac à dos et un grand chapeau noir. On la découvre taciturne et introvertie. Aucune explication à la raison de sa présence- qu’importe ! C’est parti pour le voyage, pour un road trip. Une promesse de beauté… La perspective d’une rencontre avec l’autre, avec les autres. Des ponctuations de joie, de peur- d’amitié, même d’amour…
Oui, « Tout le bleu du ciel » sent le « feel good book », ce genre littéraire de « livre qui fait du bien », et aussi le thème en vogue en librairies depuis un bon moment : le développement personnel. Exemples : « Quand tu as l'impression que la vie s'éparpille en mille morceaux, quand tous tes repères s'envolent, alors transforme-toi en arbre », « Le véritable voyage de découverte ne consiste pas à chercher de nouveaux paysages, mais à avoir de nouveaux yeux » ou encore « La vie n'en a jamais terminé. Il l'a bien compris. Tant qu'il décidera qu'il n'est pas mort, elle continuera de lui jouer de drôles de tours. Et il n'est pas encore mort. Au contraire. Il ne s'est jamais senti aussi vivant »…
Mais voilà, avec « Tout le bleu du ciel », Mélissa Da Costa a fait mieux qu’un énième « livre qui fait du bien », elle a écrit un des livres-événements de ce début d’année 2019. Un texte à l’écriture aussi vive qu’alerte. Une belle histoire chargée d’émotion(s) et à l’issue inattendue. Un roman furieusement addictif…

Tout le bleu du ciel
Auteur : Mélissa Da Costa
Editions : Carnets Nord
Parution : 15 février 2019
Prix : 21 €