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Carnets de guerre : le nouvel opus sulfureux et brusque de Papacito

Écrit par Nicolas Bodou Catégorie : Romans français Mis à jour : jeudi 28 février 2019 15:54 Affichages : 1520

carnets de guerrePar Nicolas Bodou - Lagrandeparade.com/ La violence, c'est pas un coup de poing dans la gueule. La violence, c'est de voir des plumeaux manger des bagels sans gluten dans des villes qui ont été bâties il y a 1700 ans par des gaulois et des wisigoths de centre-trente kilos.

Pensez au film «  Les visiteurs « de Jean-Marie Poiré, et maintenant imaginez les deux personnages principaux, non pas tomber en rase campagne dans les années 90 mais au beau milieu de la dernière fête de la musique organisée par l’Élysée en Juin 2018.
Vous imaginez le massacre?... vous voyez le tableau.. ? Ajoutez-y une couverture digne des meilleurs films de série B des années 80, le tout sur 300 pages d'une prose jubilatoire : violente, grossière...mais jubilatoire ! Vous obtenez « Carnets de guerre », un journal de bord pamphlétaire d'un homme qui a choisi la plume plutôt que l'épée...pour l'instant !

L’Europe était au sommet du style. Puis un jour : Angela Merkel, la Fiat Panda , le Starbucks et les Télétubbies.

Un pamphlet brusque mais d'une certaine justesse. Une violence verbale d'une certaine poésie abreuve ce livre. Un carnage, l'auteur dépèce tout ce qui l'énerve dans la société actuelle.Tolérance et consensus sont mis de côté et c'est odieusement drôle !! Mais il n'y a pas que de la « haine »dans « Carnets de guerre », l'auteur parle à sa façon de son amour pour France, sa culture, son passé, ses personnages emblématiques...Cyrano de Bergerac, le confit de canard, les cathédrales millénaires.... Ce poète guerrier laisse échapper également entre deux charges furieuses une certaine nostalgie, touchante et sincère. Au travers de ces pages, il défend bec et ongle cette terre qui l'a accueilli, lui, descendant d'immigrés.

Mon siècle sera donc celui de la grande mascarade , celui de ceux qui n'accouchent de rien de réel et de puissant.

L'auteur n'hésite pas, entre deux paragraphes vengeurs, à retourner dans la réalité, pour le présenter, ce siècle; il n'y a qu'a regarder cette vidéo disponible sur you-tube, où dans une sorte de happening politique, Papacito, tel un sale gosse goguenard (vêtu d'un gilet jaune!) vole le micro d'un des journalistes pré-ado du magazine « Quotidien » de Yann Barthès, qui incarne à lui tout seul ce que l'auteur exècre, d'ailleurs il est cité dans le livre, évidemment !

Quand on se penche sur les éléments qui la constituent et les trésors visuels qu'elle déploie dans ses éternels cortèges, « la manif » est une particularité bien française. Déjà, il y le concept de fils de pute de se recouvrir d’autocollants syndicaux avec un sifflet de gogole dans la bouche pour faire un maximum de bruit en défilant dans les rues. Se faire entendre avec un bruit aléatoire sans queue ni tête parce qu’on est pas content, c'est une technique de bébé en bas âge qui veut qu'on lui change sa couche pleine de merde sans pouvoir s'exprimer comme les adultes.

Carnets de guerre - 
« Wisigoth en liberté ! »

Auteur : Papacito
Editions : Ring

300 pages
Prix : 18€

Parution : 18 octobre 2018

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