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La lumière est à moi : Gilles Paris et les sentiments vrais

Écrit par Serge Bressan Catégorie : Romans français Mis à jour : samedi 20 octobre 2018 14:53 Affichages : 131

la lumière Par Serge Bressan - Lagrandeparade.fr / L’enfance, l’absence… Des histoires d’amours manqués, de mensonge(s), de culpabilité… En dix-neuf nouvelles, Gilles Paris revient avec « La lumière est à moi », et rappelle, une fois encore, qu’il est un des meilleurs écrivains français actuels de l’enfance, si ce n’est le meilleur. On citera, parmi ses textes, « Papa et maman sont morts » (1991), « Autobiographie d’une courgette » (2002) ou encore « Le vertige des falaises » (207). Dans la belle collection « Haute enfance », il était évident qu’un jour, il s’y glisserait. C’est fait avec cette « Lumière est à moi », le livre des sentiments vrais, sans artifices. « Quand on est adolescent, on a hâte d'être plus grand, de se débarrasser de ce corps ingrat qui n'en finit pas de muer, de ce mal de peau qu'on aimerait arracher pour accélérer le temps », lit-on dans la nouvelle intitulée « Eytan », ce grand séducteur adoré par sa sœur mais qui fait du mal autour de lui sans le vouloir vraiment. Il y a aussi, dans ce livre, Brune, Anton, Benji, Julian, aussi des enfants de cœur, des danses dans les rues, une photographie, des pins parasols, tout ça on s’installe sur le toit du monde pour l’observer. On zoome : ado, lors des premiers émois, Brune hésitait entre deux garçons ; Anna, elle, a quelques soupirants mais ne voit que pour un Simon, son professeur aux yeux bleus et absolument pas l’homme qu’elle imaginait ; quant à Tom et Louise, ils envoient des ballons vers ce petit frère mort sans prénom et qu’ils ont baptisé Gris…

Les dix-neuf nouvelles que nous donne Gilles Paris ont toutes un point commun : dans tout personnage, il y a immanquablement, inévitablement une part d’enfance déchue. Et aussi, confie l’auteur, « il y a une forme de mimétisme entre l’enfant et le parent. Très souvent, les enfants sont des témoins muets, ils observent et répètent ce que font les parents autant dans le bien que dans le mal ». Il dit également : « J’avais envie d’un livre qui allait de l’ombre à la lumière. Quelle que soit la difficulté d’aimer, on peut passer de l’ombre à la lumière… » Certains n’hésitent pas à placer les personnages de Gilles Paris aux côtés de ceux créés par Charles Dickens, Henry James, Jules Renard, Emily Brontë ou encore de Truman Capote. Parce que, chez Paris, transpire en permanence ce passage de l’ombre à la lumière, ce besoin de lumière et qu’importe que l’on soit sur les bords de Seine, sur les rives du lac Léman, quelque part sur la mer des Éoliennes ou sur l'océan Atlantique ! Selon toute vraisemblance, les destins se dénouent en fin de journée, à ce moment où les paysages s’incendient. Personnages et destins intranquilles, voilà le petit théâtre de Gilles Paris, un théâtre où la lumière promet une vie plus douce.
Avec un bonheur réjouissant et contagieux, Gilles Paris s’est attaqué à l’exercice périlleux de la nouvelle. Avec « La lumière est à moi », il nous a donné d’excellentes nouvelles ! Merci…

La lumière est à moi
Auteur : Gilles Paris
Editions : Gallimard
Parution : 11 octobre 2018
Prix : 19 €