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Le Fossé : Herman Koch, l’artilleur du conformisme

Écrit par Serge Bressan Catégorie : Romans étrangers Mis à jour : jeudi 4 juillet 2019 14:57 Affichages : 401

belfondPar Serge Bressan - Lagrandeparade.fr / Il est romancier. Et aussi l’un des satiristes fameux de la radio-télé aux Pays-Bas. Herman Koch pratique plus que jamais l’anti-conformisme. En 2011, il a signé « Le Dîner »- impeccable et corrosif ; on le retrouve avec « Villa avec piscine » (2013) et « Cher monsieur M. » (2016). Grand artilleur du conformisme, il est de retour avec « Le Fossé »- encore un roman qui bouscule. Si tout est écrit avec élégance- c’est pour mieux griffer. Ainsi, avec « Le Fossé », on chemine avec Robert Walter, 60 ans, maire d’Amsterdam où il est surnommé « le maire à visage humain »- précision quand même, l’hebdo américain « Time » l’a placé parmi les cent personnalités les plus importantes dans le monde. Mariée à la ravissante Sylvia, ils ont une fille de 20 ans- Diana. Tout se passe bien. Un jour, lors d’une réception, Walter voit sa femme boire et rire avec son adjoint, le terne et insignifiant Marteen Van Hoogstraten. Il y a de l’adultère dans l’air ! Pourtant, ces temps derniers, Sylvia se comporte de façon tout à fait « normale ». Mieux : jamais, elle n’a été aussi « normale ». Justement, n’aurait-ce pas été là un sujet d’inquiétude pour Robert Walter ? Soudain, le doute surgit. Le fossé se creuse. On ajoute qu’au même moment, les parents du maire qui ont passé les 90 ans lui annoncent qu’ils vont recourir au suicide assisté alors qu’ils sont encore débordants d’énergie. Voilà, la vie du maire Robert Walter qui est menacé d’éclater en mille morceaux, de voler en tout autant d’éclats. Son équilibre qui paraissait si solide n’aurait-il été qu’une illusion ? Et puis, dans « Le Fossé », n’oubliant pas son statut de satiriste, Herman Koch se délecte à balancer quelques propos irrévérencieux sur l’ex-Président français François Hollande…

Le Fossé
Auteur : Herman Koch
Traduit par Isabelle Rosselin
Editions : Belfond
Parution : 16 mai 2019
Prix : 21 €

Je l’appellerai Sylvia. Ce n’est pas son prénom- son vrai prénom ne ferait que détourner l’attention. Les gens associent toutes sortes de choses aux prénoms, surtout quand le prénom en question n’est pas d’ici, quand ils ignorent totalement comment le prononcer, sans parler de l’écrire correctement. Contentons-nous de dire que, dans tous les cas, il ne s’agit pas d’un prénom néerlandais. Ma femme n’est pas originaire des Pays-Bas. Je préfère pour l’instant ne pas préciser d’où elle vient. Bien entendu, nos proches connaissent son pays d’origine. Quant aux personnes qui lisent assez régulièrement les journaux et regardent les actualités, elles ont dû finir par l’apprendre. Mais pour la plupart, elles ont la mémoire courte. Elles l’ont peut-être entendu une fois, puis oublié.