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Un dimanche de révolution : seule l’amitié y est infinie...

Écrit par Félix Brun Catégorie : Romans étrangers Mis à jour : vendredi 29 décembre 2017 19:22 Affichages : 712

revolutionPar Félix Brun - Lagrandeparade.fr/ « Ce qui m’affecte le plus, ce sont les contrastes qui se produisent à chaque étape, d’une perquisition à un interrogatoire ou à un tapis rouge. Qui comprend ma vie ? Je ne connais pas les demi-teintes, les extrêmes ont été et seront toujours pour moi ma saison habituelle. » L’existence de Cléo, auteure et poétesse connue et reconnue dans le monde sauf dans son pays Cuba, est balancée entre un régime policier où, « Ici il n’y a pas d’innocence possible », et où il faut « écrire et se taire », et son succès littéraire à Mexico, New-York, Paris et… ! Une ode à la libération, "car notre unique espace de liberté depuis toutes ces années, à nous les cubains, c’est lui, le corps". 

Wendy Guerra décline avec émotion et subtilité la question du corps de la femme, l’ expression de sa liberté dans une île censurée, bâillonnée, "entourée d’eau et de politique, de pénurie et de palliatifs de résistance socialiste". Dans un régime castriste décadent et contrasté, Cléo est en quête d’identité, de reconnaissance, de liberté, de respectabilité, d’espoir.
Un roman émouvant, poignant, une révolte car "la fête a été confisquée à Cuba".

Un dimanche de révolution
Auteure : Wendy Guerra
Traduction : traduit de l’espagnol(Cuba)par Marianne Million
Editions : Buchet.Chastel
Prix : 19€
Parution: 24 août 2017

Notre chroniqueur Serge Bressan l'a lu aussi !

Wendy Guerra : engagement et mélancolie

Par Serge Bressan - Lagrandeparade.fr / Parmi d’autres, on lit ces mots : « Sur cette île, la vie privée est comme l’hiver ou la neige, juste une illusion ». Ceux-ci, aussi : « Comment raconter tout cela sans souiller mes pages ? » Il y a, on le sent vite, de la mélancolie, de l’engagement, des mille de questions dans « Un dimanche de révolution », le cinquième roman traduit en français de la Cubaine Wendy Guerra. On lit encore : « Je suis seule et j'ai la responsabilité de me guider. Ma force c'est d'être seule, de me guider, moi : être ma propre vigie me permet de rester déterminée ». La narratrice se prénomme Cleo, elle est poétesse et auteure. Le monde entier l’honore, sauf son île, Cuba, où elle est soupçonnée de collusion avec l’ennemi. Le problème de Cleo, c’est qu’ailleurs, tant à New York qu’à Mexico, les Cubais exilés ne l’adoptent pas : et si elle était une infiltrée du gouvernement de La Havane ? Elle ne sait où se poser, trouver refuge, partout elle est traquée, elle qui veut seulement vivre ce qu’elle est : une femme cubaine et une artiste. C’est à ce moment qu’elle se met en tête de se lancer dans l’écriture de son nouveau livre. Il y aura, dans ses pages, la mort de ses parents, ses amours flottantes, l’apparition de Gerónimo- l’acteur hollywoodien qui prépare un film sur Cuba et détient des informations bouleversantes sur sa famille. La vie de Cleo va inévitablement basculer. Avec « Un dimanche de révolution », Wendy Guerra mêle allègrement enquête, quête, histoire d’amour et chronique de la vie quotidienne dans un pays, Cuba, dont le régime tente le modernisme et survit dans la décrépitude…

Un dimanche de révolution
Auteur : Wendy Guerra
Editions : Buchet-Chastel
Parution : 24 aout 2017
Prix : 19 €