Pauline

Remèdes à la mélancolie : chanter, lire, danser avec Eva Bester

Écrit par Serge Bressan Catégorie : Essais, société et bien-être Mis à jour : lundi 10 décembre 2018 12:24 Affichages : 798

besterPar Serge Bressan - Lagrandeparade.fr / Elle assure : « J’entretiens avec la mélancolie des rapports quotidiens et profonds. Nous sommes de vieux amants qui, malgré la lassitude, n’arrivent pas à se séparer. J’ai tenté de la fuir, parfois de me vautrer dedans : il m’est arrivé de m’y complaire ». Mieux : à la mélancolie, Eva Bester envisage des remèdes- ce qu’elle fait chaque dimanche sur FranceInter avec une émission radio qui mêle remède et mélancolie… On la dit guérisseuse d’âmes, elle rédige ses ordonnances, c’est un livre aussi délicieux que délicat. Rien à voir avec ces compilations de chroniques enfilées à la queue-leu-leu. Là, avec « Remèdes à la mélancolie »- sous-titre : « La consolation par les arts », l’auteure nous glisse un ouvrage d’intelligence vive, anxieuse, interrogative, joyeuse… 

Jeune femme de son temps, elle confie : « Je voudrais que ces pages soient consolatoires. Si elles vous donnent le goût d'écouter une chanson, de lire, de danser, ou vous divertissent simplement, leur mission sera accomplie… » Simplement consolatoires. Oui, comme le rappelle l’avertissement en ouverture d’ouvrage, « dans les cas cliniques les plus graves, la mélancolie peut conduire au suicide », et le suggère : « Ce livre n’est pas un ouvrage médical : si vous souffrez de ce type de mélancolie, nous vous recommandons de vous tourner vers un spécialiste »… N’allant donc pas chez un spécialiste, on se lance dans un long et beau voyage en mélancolie, cet état dépressif grave selon la médecine et vague accompagné de rêverie qu’il ne faut pas confondre avec la tristesse. Avec Eva Bester pour guide, on découvre le nuage de spleen, on découvre l’histoire de la mélancolie ou encore différents rapports à la mélancolie. Puis, c’est le moment des remèdes parmi lesquels les sérums littéraires, les antidotes musicaux, les onguents filmiques, les citations béquilles, les idées consolatoires… Dans les annexes, un « remèdes bonus » ou encore les Arts visuels.
Dans toutes les pages, le ton est toujours juste. Aussi léger que sérieux, aussi bienveillant qu’enjoué. Eva Bester, à aucun moment, ne surjoue- que ce soit en interview avec ses invités ou en écriture, seule face aux mots. Ainsi, elle assure parler au lecteur « comme à des camarades de débâcle parce que je suis sûre que chacun d’entre vous, à un moment ou à un autre, a ‘’sévèrement dégusté’’ »… Et, ultime plaisir inattendu, ces « Remèdes à la mélancolie » s’achèvent par un essai consacré au peintre belge Léon Spillaert (1881- 1946), héraut immense de la solitude, de la détresse et de la mélancolie.

Remèdes à la mélancolie
Auteur : Eva Bester
Editions : Autrement
Parution : 7 novembre 2018
Prix : 18 €