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Stéphane Koechlin : Marielle, ce misanthrope mondain et la météore du mouvement hippie

Écrit par Guillaume Chérel Catégorie : (Auto)biographie Mis à jour : vendredi 18 octobre 2019 08:43 Affichages : 304

mariellePar Guillaume Chérel - Lagrandeparade.com/ Disparu le 24 avril 2019, Jean-Pierre Marielle était un mélancolique. Pour lui l'humour était la politesse du désespoir. Pas étonnant qu'il ait obtenu ses meilleurs rôles grâce à des réalisateurs comme Joël Seria (Les Galettes de Pont-Aven), en milieu de carrière, et à la fin, avec Alain Corneau (Tous les matins du monde). Dans le premier, il exprime sa fausse légèreté, en se faisant passer pour un con, et dans le dernier, il expose sa noirceur, pour ne pas dire sa déprime lancinante. La lourdeur des hommes semblait lui peser, mais il faisait des efforts pour s'adapter. Ecouter du jazz l'a,, semble-t-il, aidé.

Lancé par des rôles à l'humour grinçant, où il incarnait avec délice le Français moyen, dans toute sa veulerie, sa gauloiserie, Marielle a su donner toute la mesure de son talent avec des rôles dramatiques qui en ont fait un acteur culte. Une figure incontournable du cinéma et du théâtre français. Dans sa biographie, Stéphane Koechlin met sa plume d'écrivain au service ce géant à la voix de stentor. Tel un Monsieur Cinéma de notre enfance, il retrace son parcours, depuis les années 1950 et la période du Conservatoire, jusqu'à ses rencontres avec tout le florilège du théâtre et du cinéma français. Trois ans de travail lui ont été nécessaires : il a pris le temps d'interviewer Belmondo, Joël Séria, Patrice Leconte, Jean-Pierre Jeunet, Bertrand Tavernier, Bertrand Blier, Marthe Keller, Jean-Claude Carrière, Agnès Soral, Jeanne Goupil, etc... Il est aussi question d'Albert Camus, Céline, Jean Anouilh, Delphine Seyrig, Guy Bedos, Henri Guybet... Mais également de sentiments, de sexe, de théâtre, évidemment, mais aussi de Flaubert, de biture, de gaudriole, de Beckett et de jazz ! Une plongée dans la psyché d'un homme ombrageux et complexe. C'est la bio indispensable, car admirablement écrite, pour les admirateurs de Marielle. Toute la grande époque du cinéma français y est déroulée. Ainsi que le parcours de cet homme truculent, faussement bonhomme, car coléreux.

Le hasard de la programmation a voulu que sorte deux livres en même temps du même Stéphane Koechlin. En plus de son pavé sur Jean-Pierre Marielle, qui lui a déjà valu trois étoiles dans la recension de l'OBS (François Forestier). En même temps paraît sa chronique sentimentale sur une pionnière du rock, Grace Slick, la chanteuse du grand groupe de San Francisco, Jefferson Airplane, et le récit de son concert calamiteux en Allemagne en juin 1978. Le dernier été de Grace Slick, paru au Castor Astral, est le portrait d'une femme, présente à Monterey, Woodstock, Altamont, amie de Janis Joplin, qui ne savait pas comment quitter un monde endeuillé dont elle ne voulait plus.

Jean-Pierre Marielle : le lyrique et le baroque
Editions du Rocher
Auteur : Stéphane Koechlin
406 pages
Prix : 22,50 € 

Le dernier jour de Grace Slick : 1972, la vraie fin du mouvement hippie
Editions : Le Castor Astral
Auteur : Stéphane Koechlin
207 pages
Prix : 15, 90 € 

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